« Celle-ci a un caractère assez particulier de par ses origines et la raison de sa création ; Revenons-en à la période qui a précédé de quelques années la première guerre mondiale. Dans ce début du 20ème siècle l'hôtellerie à travers le monde et notamment en Europe, revêt déjà un caractère affirmé. Cette activité commerciale est une nécessité économique et sociale parce qu'elle fonctionne en parallèle avec le tourisme naissant, avec les réunions d'affaires, les séjours climatiques et thermaux, enfin avec les déplacements et les séjours de gens qui s'adonnent aux voyages de loisirs ou de visites. En outre l'hôtellerie ne se limite plus aux auberges d'autrefois et aux exploitations artisanales, elle se développe dans tous les domaines et tous lieux géographiques. Mieux encore, elle se hiérarchise, se développant de la petite exploitation familiale jusqu'à la création de « palaces » en passant par l'intermédiaire des moyennes maisons au point de vue gastronomique, équipement et service, et bien entendu prix des repas, chambres.Alors, de plus en plus, et pour ces diverses maisons, il importe que le personnel cadre ou employé ait une formation professionnelle valable. Or, on s'aperçoit que l'apprentissage chez des petits « patrons » est insuffisante et on apprend que l'hôtellerie allemande ou suisse a déjà résolu ce problème par deux créations d'écoles hôtelières.Cette constatation a une telle importance ; que le gouvernement et l'Instruction Publique (l'Éducation Nationale de l'époque) font des projets voire des propositions. Évidemment Paris est la première ville visée pour une telle innovation. Hélas des malentendus, des oppositions issues des hôteliers eux-mêmes font échouer cette initiative. L'État fait alors des recherches à Dijon, centre réputé pour sa gastronomie, son œnologie, ses qualités d'accueil et sa situation de carrefour routier et ferroviaire. Sa municipalité craignant de déplaire à la capitale en se substituant à elle, celle-là répond négativement comme celle-ci.C'est alors qu'on a vu naître la chance de Thonon-les-Bains et voici comment.Fernand DAVID, homme politique, né à Annemasse en 1869, est d'abord avocat au barreau de Paris puis député radical-socialiste de la Haute Savoie. Son dynamisme et son intérêt se portent en même temps vers l'étude des questions économiques, au point qu'il devient en 1911 Ministre du commerce dans le cabinet Poincaré. A ce titre, il est contacté par son collègue Ministre de l'Instruction Publique qui lui annonce qu'un collège municipal presque trop vaste pour sa ville vient d'être créé à Thonon-les-Bains, ce qui pourrait éventuellement contenir une section hôtelière. Monsieur DAVID s'associe immédiatement à cette proposition d'autant plus que Thonon-les-Bains est ville thermale, sous-préfecture, voisine de la Suisse par le célèbre Lac Léman, peu éloignée de l'Italie et facilement accessible du reste de la France. Le projet est adopté par l'État, par le département et la municipalité.Voilà comment naquit cet organisme en 1912, le premier de cette nature en France, le 3ème en Europe. »Extraits d'un texte manuscrit de Jean RAVINET(daté de 1957)
 
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