Cette quinzaine, une
nouvelle de Mr
Denis Férault.
Merci à lui.
Commençons
par
reconnaître que nos aînés avaient un
certain savoir faire en
la matière.
Peut on imaginer un tel banquet
aujourd’hui ?
22
septembre 1900 aux Tuileries.
Si
l’un de vos ancêtres était maire
d’une des communes de
France au début du siècle
précédent, il a
peut-être participé au plus grand
banquet jamais
organisé dans notre pays et ce, pour
célébrer
l’anniversaire de
Ce
banquet eut lieu dans les jardins des Tuileries où furent
dressées d’immenses tentes pour y accueillir les
29 695 maires qui
avaient répondu à l’invitation du
Président Emile
Loubet.
Voici
quelques chiffres qui laissent pantois :
-
-
631 cuisiniers et 2150 maîtres
d’hôtel
-
125 000 assiettes et 126 000 verres
-
170 000 couteaux, fourchettes et cuillères.
Le
menu est très représentatif de
l’époque : darne
de saumon parisienne, filet de bœuf en Bellevue, pain de
caneton de Rouen,
poularde de Bresse rôtie, ballottine de faisan et glace.
Les
vins (Preignac blanc,
Saint-Julien, Bourgogne et
Champagne) furent tous servis en carafes ; les convives en
burent 39
000 bouteilles dont 1 500 de Fine Champagne
(le personnel ne fut pas
de reste puisqu’il eut droit à
Le
repas ne dura pas plus de 90 minutes, afin de respecter les desiderata
du
président Emile Loubet.
Si
vous voulez en savoir plus sur ce banquet "royal" organisé
par
une République bonne fille et
généreuse, je vous engage
à lire le remarquable ouvrage d’Anthony
Rowley paru aux
Editions Hachette, "Les Français à table",
ouvrage dont j’ai tiré ces chiffres qui figurent
certainement dans
le Livre des Records.
Au
fait, connaissez-vous du même auteur "l’Etiquette
du
vin" auquel a participé Philippe Pares,
œnographile
membre de l’ACAVE ?
N.B.
:
Les édiles municipaux qui
ont participé à ce banquet n'étaient
certainement pas
comme ces mannequins qui se sont vu interdire de participer au
défilé de mode organisé à
Madrid avant-hier ; leur
IMC était certainement supérieur à 18 !
Promis lors de la prochaine nouvelle, je vous donnerai la signification d’oenographile, si vous ne la connaissez déjà.
Denis Férault