Conférence de M. Amoudruz, résistant et ancien déporté


François Amoudruz, nous a rendu visite pour raconter aux 90 élèves des classes de 1ère Technologique et à une dizaine d’élèves de 3e du collège Champagne invités, son parcours de Résistant et de Déporté dans les camps nazis.
Vendredi 14 novembre, François Amoudruz, invité en Haute-Savoie par les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation dont il est le vice-président national , nous a rendu visite pour raconter aux 90 élèves des classes de 1ère Bac Technologique et à une dizaine d’élèves de 3e du collège Champagne invités, son parcours de Résistant et de Déporté dans les camps nazis. Il a 13 ans lorsque la guerre débute et 17 ans lorsqu’il est arrêté le 25 novembre 43 par la gestapo au cours d’une rafle massive des étudiants de l’Université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand et devenue un important foyer de résistance à l’occupation allemande. Commence alors un long et douloureux périple à travers l’univers concentrationnaire nazi. Parti de Compiègne dans un convoi de wagons à bestiaux surchargé le 17 janvier 44, il arrive à Buchenwald. Là, il perd son identité avec le port du « pyjama » rayé et l’attribution du numéro de matricule 40989 qui se substitue désormais à son nom.

La déshumanisation a débuté et elle se poursuit avec son transfert un mois plus tard dans le camp de Flossenburg où il est accueilli par ces mots : « Ici, vous entrez par la porte et vous sortez par la cheminée ! ». Enfin, au SS Sonderkommando de JOHANNGEORGENSTADT, grâce à son expérience de l’action collective héritée du scoutisme, il met sur pied une organisation de déportés. Basée sur la solidarité, elle lui permet de survivre dans cet enfer par le partage des quelques colis d’alimentation et par des évocations et discussions culinaires : « l’alimentation occupe une grande place dans ces conversations, nous évoquons des recettes de cuisine, et nos rêves parlent à la fois de ce que nous mangerons quand nous rentrerons vivants à la maison, et de notre faim. »

En avril 45, devant l’avance des troupes soviétiques, les SS font évacuer le camp. Débute alors une « marche de la mort » en direction du camp de Terezin. Il réussit une évasion spectaculaire qui se termine par un échec, puis une deuxième évasion et un nouvel échec. François AMOUDRUZ, jeté dans une prison allemande à Karslbad (Karlovy Vary) en est expulsé le 8 mai, jour de la capitulation des armées du IIIe reich. Il erre ainsi plusieurs jours à travers la ville, dépourvu de tout, et finit par réussir à rejoindre le secteur américain avec l’aide des troupes de choc de l’armée rouge qui venait de le libérer. Très affaibli, il ne pèse alors guère plus de 30kg, son retour en France dure plusieurs jours et se fait… en wagons à bestiaux !

Redoutant par-dessus tout le retour de ces temps sombres qui lui ont volé sa jeunesse et dont il aperçoit certains symptômes comme la résurgence du rejet de l’autre, François AMOUDRUZ, âgé de 88 ans va à la rencontre de la jeunesse pour la convaincre de ne pas emprunter cette voie qui ne mène qu’au malheur. C’est bien volontiers qu’il a répondu aux nombreuses questions des élèves sur son parcours et sur le sens de sa démarche et de sa présence devant eux.

A la suite de la conférence, François AMOUDRUZ a déposé une coupe de fleurs devant le mur des fusillés, en compagnie du Proviseur, Dominique DUTHEL, de la Présidente des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation 74 et fille de fusillé, Jacqueline NEPLAZ-BOUVET, de membres du bureau de l’Association des Parents d’élèves, des élèves du lycée participant au Concours National de la Résistance et de la Déportation et d’élèves du Collège Champagne.